A se laisser guider de villes en villes, de paysages en paysages, de rencontres en rencontres, d'amis en amis, c'est là que l'on se rend compte que rien n'est planifiable à l'avance. Cela s'apparente à un chemin inconnu où bon nombre de repères sont si différents. Aux quelques petites questions, c'est des centaines de réponses que l'on trouve.
Le voyage apprend à mieux se connaître. Le voyage apprend la tolérance. Le voyage apprend l'ouverture vers les autres. Le voyage donne confiance en soi. Le voyage apprend à partager. Le voyage apprend à trouver la force même dans les plans galère. Le voyage nous dit que même les rêves les plus fous sont possibles. Le voyage t'enlève les oeillères du quotidien.
Le retour est maintenant si proche, un truc comme trois semaines nous sépare de notre plancher des vaches. Tous se précipite, hier l'Uruguay, aujourd'hui l'Argentine et demain le Chili. Une ultime traversée de cet immense continent où nous attend là-bas, à Santiago du Chili, le vol de retour. C'est un peu le coeur pincé que j'écris ces quelques lignes, car le voyage à ça de triste, c'est qu'on laisse derrière soi tous ces gens qui pour beaucoup sont devenus des amis, avec cette mélancolie de ne jamais les revoir.
Il va nous falloir renouer avec la vie de chez nous et retrouver avec plaisir la famille et les amis qui nous on tant manqué qui vont nous apporter la chaleur qui fait d´faut en cette saison.
On dit que dans ce désert d'altitude, où ne poussent que des plantes recouvertent d'épines ainsi que des pierres, il y a quelques générations, de cette terre aride poussaient cette herbe vert tendre dont ce baffrent les lamas, grâce au labeur des hommes et de quelques sources de cette eau si importante dont rafolle la vie.
Aujourd'hui l'eau coule toujours, mais les hommes travaillent de moins en moins la terre et le désert reprend sa place, dès les dernières maisons du village. Quelques-uns cultivent tout de même un lopin de terre devant chez eux, mais le savoir semble se perdre et les légumes sont achetés une fois par semaine lorsque le camion de ravitaillement passe par là.
Et nous, nous sommes dans cette école peut être pour essayer de préserver cette graine qu'il y a dans chaque enfant. Pour qu'il puisse rester dans son village sans avoir l'impression d'être tant assisté par l'extérieur. Et être fier d'être membre de sa communauté.
On réhabilte les serres andines, on préparent la terre avec l'engrais local "les cacitas de llamas" qui abondent par endroit. Et des plantations, semis avec les enfants en leur expliquant ce qu'est une plantes, ce qui fait d'elle un être vivant, ce dont elles a besoin pour grandir.

Le soleil se lève sur Alfarcito. Le ciel est bleu, comme toujours, des premiers jusqu'aux derniers rayons. La cour de l'école est encore vide, encore sans vie est elle attend patiemment la petite horde qui va l'aminer.

Seuls ou en petits groupes, les voilà.
Un mois déjà que notre petite vie se déroule gentiment, au rythme du soleil, dans ce village d'une centaine d'habitants. Notre maison à nous, c'est l'école.
On vit notre quotidien avec les enfants, du petit dej qui se resume à un maté d'herbe de la montagne et de pain (bollo) cuit le lundi pour toute la semaine dans un four de terre, jusqu'aux dernières activités avant d'aller se coucher.

Et après ce frugal entremet, les enfants s'alignent devant le drapeau et chantent l'hymne de leur pays : une discipline qui continue de nous époustoufler (sans parler des benedicités de chaque repas). Et enfin rentrent en classe, dispersés par age et niveau entre les 4 instituteurs : Felipe, Soledad, Martha et Graciela.
Pendant ce temps-là, nous nous rendons á l'arrière de l'école : deux serres andines (en adobe) au toit délabré, une petite serre dernièrement réhabilitée (ci dessous), et tout autour un grand débarras. Objectif : tout remettre en ordre et semer avec les enfants sous forme pédagogique et tenter de leur redonner goût à l'agriculture, anciennement pratiquée par leurs grands parents mais perdue par leurs parents.

Le travail est dur mais pas seulement dûs aus innombrables coups de pelles pour baisser le niveau de la serre, mais surtout à cause de ce climat affreusement sec : la peau des mains se craquelle et les plaies ne cicatrisent pas, les ampoules n'existent pas mais c'est le royaume des crevasses. Le soleil tape durement la journée a ces 3500 metres d'altitude, je ne quitte jamais mon chapeau car, sinon la migraine attend au coin du champ. Mais le plus caractéristique est bien ce vent d'ouest (écoutez-le rugir), qui te renvoi tes pelles de sable en plein dans la figure.

Mais nous ne manquons pas d'enthousiame et surtout de force physique après ces quelques steaks de lamas engloutis le week end à la ville de Jujuy.

La terre est sèche ici, très sèche, et composé essentiellement de sable qui se tasse et devient dur comme la pierre dès le premier arrosage, ceci dit remarquable pour faire des briques d'adobe.

Vous vous demandez donc ce qui peut bien pousser par ici ? Et bien...des cactus, "el cardon" entre autres, utilisé comme bois de construction.

...et dont les épines sont utilisées comme aiguilles à tricoter les pulls et couvertures en laine de lamas.

Mais pousse aussi le queñoa, un des seuls arbres par ici, à l'allure biscornue, et á l'ecorce en feuille de papier bronze. Probablement un des arbres à pouvoir vivre à de telles altitudes (jusqu'à plus de 5000m). Une bien belle petite merveille de la nature que l'on peut s'amuser à regarder des heures durant sous les reflets du soleil couchant.

Mais l'on espère que d'autres petites plantes pousseront dans nos champs ! Salades, tomates, petits pois vont-ils s'aventurer à montrer leurs premières feuilles dans cet univers hostile, leurs racines vont-elles pouvoir percer cette terre dure et stérile ? Réponse dans le prochain article. Nous venons tout juste de semer et restons encore sans réponse...
Notre travail s'est tout d'abord résumé à reconstruire les serres, et grâce à l'aide de quelques parents de la communauté et c'est pratiquement chose faite.

Mortier sans ciment, la terre locale est idéale, de quoi sceller fermement les poutres et consolider les montants d'adobe.

De tout ce chantier a été récupéré un tas énorme de pierres, ainsi que pas mal de briques d'adobe qui nous a permis de construire le petit muret qui va permettre de limiter, on l'espère la boulimie des ânes sauvages.

On ne peut pas dire que les rues ou plutôt la rue d'Alfarcito soit des plus animées et encore moins après le coucher du soleil. Heureusement, dans la petite école, toutes les occasions sont bonnes pour festoyer. Un morceau de Cumbia en boucle ou encore de chacarera et tout le monde danse, les enseignants, les petiots, les cuisinières...

Et une fois par an, vers la fin septembre, à lieu l'élection de la reine. Une journée de jeux, de goûters, de jeux...




Et arrive enfin le moment tant attendu par les candidates à l'élection de la reine,

et c'est le ti bout de chou de Danisa, l'heureuse élue.



Et la fête est repartie de plus belle.




Deux enseignantes, Marta et Sole, en habit traditionnel nous interprétant un tube du coin...

...et Pablito, son morceau de Cumbia favorit, accompagné de ses danseurs.

Une heureuse rencontre avec tout ce petit monde, fait de rires où l'on apprend tellement plus que ce que l'on arrive à transmettre.











Non, nous n'avons pas testé la cocaïne, exclu lorsque l'on sait que des milliers de vies sont détruites pour une ligne de bonheur éphémère. Nous n'avons pas non plus pris de "trip" d'ayahuasca ou de San Pedro pour être plus proches de la Pachamama. Ces coutumes-là sont très éloignées des nôtres et nous ne ferions que les bafouer plutôt que de leur faire honneur. Non, en bons touristes que nous sommes (faut pas se leurrer), nous nous sommes rendus sur les plus grands sites téologiques de la région du lac Titicaca.



Tout d'abord la Isla del Sol, lieu de purification des pêcheurs (pas de poissons...), qui est composé de 3 portes sacrées, contrôlées par des sacerdotes qui décident du poids de tes péchés. Si ton âme est trop lourde de ces péchés, tu ne peux passer la porte et doit accomplir plusieurs actes de repentance : rester 1 heure dans le lac en pleine nuit, marcher sur les genoux... Bref, encore une religion pour te terroriser et te faire culpabiliser le moindre de tes actes : un instrument de contrôle infaillible. Désolé de choquer les esprits des croyants qui liront ces lignes.



Bref, les ruines et l'histoire de cette île n'est pas ce qui fit d'elle une de mes plus belles escapades. Les enfants, vêtus de leur blouse d'école, rient et courent au bord de la Bahia de Challa. Les adultes aident à l'ampliation de l'école de la communauté pendant une semaine entière, une file indienne de femmes et d'hommes portent pierres et sacs de ciment du rivage à l'école: le travail est rapide et la bonne humeur est au rendez vous. Les vieux aussi sont là, l'inévitable sourire au lèvres. C'est tout simplement incroyable de voir autant de joie alentours, tout le monde est heureux et ne manque de rien. C'est indubitablement contagieux, je finis donc par m'assoir sur une pierre au bord de l'eau et sortir mon cahier pour y dessiner ces sourires malicieux, mon propre sourire se dessinant lui aussi, enfin. On dira un grand merci à Juan et Rita, ainsi que leur 4 filles (et oui, il y en a qui ne lésinent pas) dans le seul hotel de Challa (les touristes restent tous au sud de l'île, ces bétas, au lieu de partir découvrir un peu plus au nord et y rencontrer la plus stupéfiante gaité). Inoubliable !


Puis après un retour sur la terre ferme, 4 changements de bus, 2 passages de douane Perou-Bolivie et un taxi (d'accord, on a pas pris le plus simple mais c'était pitoresque !) nous sommes enfin arrivés à Tiwanaku. Certains de nos amis d'Annemasse y reconnaîtront les ruines de fond du roman de Henri Gougaud "Les sept plumes de l'aigle". Et je dois dire que c'est uniquement pour ce livre que nous nous sommes rendus sur le site archéologique. Comme à ce que nous nous attendions : nous y avons trouvé un site pourri de touristes, bien loin du personnage du Chura, qui nous délivre ses enseignements au travers du livre. Mais nous ne nous y sommes pas rendus pour rien, nous avons eu la chance inouïe de rencontrer Manuel, sa mère Susana et son père Marcelo, les sculpteurs de pierres de Tiwanaku, pratiquants de générations en générations. Après plus d'une demi journée de discussions sur la culture aymara du site, les significations des statues antropomorphes, les rites traditionnels conservés, nous finissons par nous procurer deux scupltures : Chacha Puma, qui procure protection et pouvoir, et une Pachamama avec ces divers personnages : le père, la mère et l'enfant, le serpent les protégeant, le crapaud leur procurant pluie pour leur terre et argent pour leur poche, la tortue pour la longue vie. A ceci à suivi une grande cérémonie de bénédiction des statues et des projets que nous avons . C'était encore une fois un bon gros mélange entre catholicisme et croyances aymaras (les missionaires espagnols ont décidément bien fait leur boulot, les salauds). Il faut offrir à notre christ Jésus Christ un peu d'alcool fort en le lançant en l'air à l'aide d'une petite branche, à la Pachamama (la Mère Terre) un peu de vin de quinoa, et aux statues un peu d'eau bénite, tout en prononçant des litanies incompréhensibles.




Merci à la famille Quispe qui nous a fait vivre un moment unique ! Nous sommes donc repartis de là la tête pleine de nouveaux savoirs, mais comble de Tiwanaku, nos pierres n'ont apparemment pas voulu se recharger d'énergie sur le site touristique car nous avons perdus notre ticket d'entrée avant d'avoir terminé. Elles ont bien raison parce que le site est tellement pourri par le commerce impitoyable du tourisme que toute l'énergie mystique qu'elle pouvait contenir y a été pillé. C'est dommage !!!
Et maintenant, en route pour le nord ouest argentin ou nous attend le nouveau projet d'école.
A vous, les ptits loups !

Cet article est rédigé en deux langues (une fois n'est pas coutume), histoire que tous le monde en profite.
Este articulo esta escrito en dos idiomas (una ves no es de costumbre), para que toda la gente pueda aprovechar. (ver mas abajo)

L'idée de départ.
Nous sommes de retour dans la jungle, après une petite escapade au Perù. L'appel de la nature et l'envie de passer plusieurs semaines perdus au milieu de la forêt, la grande, la mythique, la forêt amazonienne.

Au programme, filer un coup de main à un organisme de protection de la nature, qui se finance en partie avec le tourisme. Avec à sa tête la têtue Rosamaria, qui a passé sa vie à essayer de protéger la richesse de l'Amazonie et particulièrement la partie bolivienne. Elle a participé à la création du parc Madidi, il y a une trentaine d'années, qui a été récupéré par un consortium mafieux composé d'une poignée de politiciens corrompus, de marchands de bois précieux, de narcotrafiquants et de petits coupeurs d'arbres exploités. Cette réserve est apparemment une zone de non droit, une de plus, où les gardes forestiers filtrent les entrées et sorties de toutes sorties de trafics, sous le couvert d'un tourisme de protection de l'environnement.
La dérangeante Rosamaria, bien sûr interdite sur la réserve Madidi, s'est rabattue, malgré les bâtons dans les roues des différentes administrations, le pillage et le passage au feu de ses battisses d'accueil, sa tête mise à prix, a fini par trouver un soutien international, dont celui du National Géographique, France3 ainsi que des fonds privés pour devenir propriétaire d'un lopin de forêt, à la lisière du Madidi. Cette notoriété lui permet de rester en vie et de pouvoir enfin espérer faire de la conservation.

Fouler la litière de cette forêt primaire, côtoyer les gens qui vivent du bois (ou plutôt qui boivent les bénéfices), les maires corrompus, les communautés partagées entre un profit faible mais immédiat et la notion luxueuse de la conservation, de la pérennité de la forêt, et les touristes qui sont là seulement pour faire leurs malins en rentrant dans leur pénates et se vanter d'avoir péché un piranha et mis un anaconda nain autour de leur cou...
On va y faire quelques meubles, un jardin potager (30 variétés) et une pépinière de reforestation avec bien sûr un peu de traduction pour les touristes qui ne callent pas un seul mot de castellano.
Après quelques mises au point pratiques avec le bureau de
Petit constat à mettre le moral dans les chaussettes.
Il ne faut surtout pas s'imaginer que la richesse de l'Amazonie ce soit ses différents bois, aussi précieux soient-ils. Il faut plutôt le voir comme un sous-produit! Parce que e n'est pas ce qui a sur la terre qui rapporte le plus, mais ce qu'il y a dessous. On peut nommer la bête noire de l¡homme ou plutôt la boite de Pandore, bien sûr le pétrole, vecteur de paix indéniable au sein e l'humanité. Mais il y a aussi l'or, fléau écologique quand on sait qu'ils utilisent du mercure en quantité industrielle pour l'extraire, pour finir entre autre en bague de fiançailles ou gourmette de mauvais goût!
Pour l'investigation de ces aires d'exploitation, le bois de la forêt amazonienne est bien plus gênant qu'intéressant et c'est pour cette raison que des zones entières partent en fumée. C'est des écosystèmes entiers, des arbres avec 500 ans de mémoire qui disparaissent à jamais parce que malgré les idées reçues, la forêt amazonienne ne peut pas renaître de ses cendres ou difficilement.

Et si ce n'est pas pour le pétrole et l'or qu'ils déboisent, c'est pour y faire de l'élevage de vaches qui broutent des patûres semées, faites d'espèces importées ultras compétitives et donc invasives face aux espèces indigènes. Dans les zones reculées et inaccessibles, fief des narcotrafiquants, c'est la coca qu'ils plantent et des labos de fortunes, c'est la cocaïne qui en sort, direction les pays amateurs: les nôtres!
Mais qui sont ces "ils", gangrènes d'un pays et même au delà des frontières. Si l'on part du bas de la chaîne, il y a d’abord certains habitants des communautés, intéressés pas le profit immédiat de quelques abattages, profit qui se transforme bien souvent en alcool. Celui qui possède sa propre tronçonneuse gagne 70 boliviens/jour, son aide 40 bs/j et la cuisinière qui leur fait la popote sur le site 10 bs/j. La conversion en euro est aisée car il suffit de diviser par 10. Pour donner un ordre d'idée du pouvoir d'achat, un poulet coûte 40 bs et une bouteille de bière (650ml) coûte 8,50 bs.

Ces modestes acteurs ne sont pas pour le moins inefficaces. L'appât du gain, même s'il reste faible, fait que c'est sous la lame de leur tronçonneuse que les arbres tombent. Comment les convaincre de cette notion luxueuse qu'est le concept de conservation des ressources naturelles, que préserver les jaguars, les tortues, les arbres est une richesse pour leur futur. Et quand tu pose la question, ils te répondent avec une logique certaine: "c'est bien joli de faire des réserves naturelles, mais aucun boulot n'a été crée et les communautés qui vivent dedans, comment font-elles pour faire un peu d'argent pour payer tous les produits venant de l'extérieur (gazoline, outils...) ainsi que l'école de leurs enfants..." Et c'est pour cette raison qu'une entreprise pétrolifère va ouvrir ses portes au sein même du parc Madidi, avec l'appui de la population qui cherche désespérément du travail. Ça parait complètement surréaliste mais c'est ainsi... Ils leurs proposent un salaire d'environ 300 euros/mois (pour le moins attractif). Ce projet est géré en haut lieu par le préfet très à droite de

Pour en revenir à notre fameux poumon, l’alternative valable à ce manque d’emplois du à la création de parcs, vient le beau, le grand concept de l’écotourisme, qui se veut être une forme de tourisme respectant l’environnement. De ce filon, plusieurs dizaines de ces agences ont fleuries dans le petit village de Rurre. Le seul constat que l’on peut faire, c’est que ce n’est qu’une manne à pognon, que pour au minimum 30$/j, tu vas déranger les anacondas amorphes pour te les mettre autour du cou, pécher des piranhas ou crocodile, tout en balançant les poubelles à même la nature… Et de cette industrie, c’est des centaines de touristes qui sont brassés par semaine.
Une chance, de ce côté-là, l’organisme dans lequel nous nous trouvions Madidi Travel avait au moins le mérite de respecter les clauses de base de la conservation : limiter les groupes, gérer les déchets, interdire les pêches dans les lacs pendant les périodes d’accouplement, de ponte. Mais le détail sur lequel j’aimerai mettre le doigt est que ces organismes qui se veulent faire de la protection et qui brassent de l’argent (jusqu’à 60$/j/pers) ne payent même pas mieux leurs employés, malgré l’éloignement. Et ceux-ci en arrivent à la conclusion que c’est plus intéressant de couper des arbres ou extraire de l’or que de travailler pour le tourisme. Parce que c’est là que l’écotourisme peut faire de la conservation, en exerçant une pression sur les salaires (et ils le peuvent) et rendre beaucoup plus intéressant le fait travailler pour le tourisme que pour des agences pétrolifères, des coupeurs de bois et autres trafiques…
Un séjour pour le moins écourté.

Notre arrivée au coeur de la jungle portait toutes les prémices d’un séjour pour le moins grisant, mêlé de ce sentiment d’éloignement total, relié à la civilisation par seulement une radio caractérielle et une pirogue à moteur ; et de contact intime avec cette Amazonie, celle des rêves d’enfant, grouillante de vie de toutes tailles, de toutes formes. Il faut s’imaginer dans un zoo avec autour de soi des colonies de singes, d’oiseaux, d’insectes déambulants entre ces arbres gigantesques, mais avec la différence près que la bête étrange c’est toi ! Ce sont tous ces bruits, ces cris, tous ces regards voyeurs de milles yeux qui se posent bien des questions sur ces singes bizarres que nous sommes, toujours vêtus de vêtements sportwear ridicules, empestant le répulsif à moustique à plusieurs centaines de mètres à la ronde et se déplaçant sans but en colonne sur les sentiers. Peut-être nous surnomment ils les singes-fourmis!


Le travail sur place s’annonçait plutôt sous de bons hospices, le moteur diesel de l’atelier de menuiserie étant toujours hors service, c’est un grand rangement et nettoyage qui a débuté. Pour le jardin, rien, pas de terrain, ou plutôt un hypothétique de l’autre côté du lac… On a donc filé un coup de main en cuisine, intendance et pas des moindres, car les premiers jours la coordinatrice, la cuisinière ainsi que l’aide cuisine avaient mis les bouts! Mais bon, tout ça dans une très bonne ambiance, très bon feeling avec les travailleurs restés sur place, les guides, porteur, traductrices…
Mais tout changeât radicalement dès que Rosamaria venue de

Bien regrettable conclusion. On pourrait penser que la venue de volontaires, organisée depuis déjà deux mois, qui viennent développer des secteurs et donner de leur temps et quand même un peu de leurs connaissances (même si elles restent encore légères), peut solliciter chez l’hôte si ce n’est pas de la joie, au moins un peu d’empathie! Son profond irrespect a fait que l’on lui a filé entre les doigts et elle qui devait penser qu’elle perdait au change en notre présence, a bien plus perdu à nous voir partir : pas de jardins, pas de meubles, pas de traductions, sachant que ce qu’on lui coûtait peut se résumer par deux assiettes de plus par repas, ah la belle affaire !!! Son attitude reste encore une énigme. Est elle seulement lunatique avec un fort penchant pour la misanthropie, à t-elle des secrets à cacher…

Voilà le constat, pour le moins pessimiste que l’on a pu faire après environ un mois sur place. Cette forêt si vivante et si riche est bien fragile, face aux intérêts de l’homme. Et c’est avec un sacré pincement au cœur que l’on est partit en se disant que ce que l’on avait pu voir de cette beauté sauvage, de cette réserve de biodiversité allait inexorablement disparaître et dans peu de temps. A l’heure actuelle, la forêt amazonienne primitive n’existe pratiquement plus, à l’exception d’endroit pour le moment quasi inaccessible comme en Equateur, à la frontière entre Pérou et Brésil et là où nous nous trouvions.

Un coup de gueule en appelle un autre, à vos plumes de péroquets...
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Idea inicial.
Estamos de vuelta en la selva, después de un viajecito en el Perú. La llamada de la naturaleza y el deseo de permanecer varias semanas perdidos en medio del bosque, la grande, la mítica selva amazónica.
Al programa, ayudar un organismo de protección de la naturaleza que se financia en parte con el turismo. A la cabeza de ese, la dura Rosamaria Ruiz, que pasó su vida intentando proteger la riqueza de
La molestosa Rosamaria , por supuesto de entrada prohibida en la reserva Madidi, a pesar de las malas intenciones de las varias administraciones locales, sus edificios de acogida pillados y quemados, terminó por encontrar un apoyo internacional, del Nacional Geographic y France 3 (canal de tv francés), tanto como de fondos privados, para volverse propietaria de un pedazo de bosque al ladito del Madidi. Esta notoriedad le permitió seguir viva (la buscaban matadores contratados por políticos locales corruptos) y por fin, poder esperar hacer conservación.
Caminar en la selva primaria, juntarse con la gente viviendo de la madera, con alcaldes corruptos, con comunidades hesitando entre un pequeño beneficio inmediato y la noción lujosa de conservación y perennidad del bosque; y los turistas que están allí solamente para contar luego que han pescado una piraña o cargado una anaconda enano en los hombros.
Vamos a hacer algunos mueblas, tanto como una huerta (30 variedades) y un vivero de reforestación, y a veces traducciones para turistas que no captan ni una palabra de castellano.
Después de algunos arreglos prácticos en la oficina de
Analisis para "poner el moral en los calcetines".
No se imaginan que la riqueza de Amazonia esta en sus diferentes maderas, aunque muy raras y preciosas. Deberían verlas como productos segundarios. Porque no se gana más con lo que se encuentra sobre la tierra sino con lo que se encuentra debajo de esa. Podemos llamarlo el bicho negro del hombre, o más bien la caja de Pandora: claro, el petróleo, vector innegable de paz para la humanidad. Pero también se encuentra oro, plaga ecológica cuando se sabe que usan mercurio en cantidades industriales para extraerlo, y eso para terminar en anillo de compromiso u otras joyas de mal gusto.
Para investigar estas áreas de explotación, los árboles del bosque amazónico son más molestosos que interesantes y es por eso mismo que zonas enteras terminan en humo. Son ecosistemas enteros, árboles de 500 años de memoria, que desaparecen para siempre, porque al contrario de lo que podrían pensar, el bosque no puede renacer de sus cenizas.
Y si no es para el petróleo o el oro que queman árboles, es para ganadería que pastan prados sembrados, hechas de especies importadas ultra-competitivas e invasivas frente a las especies indígenas. En las zonas perdidas e inaccesibles, nido de narcotraficantes, siembran coca y laboratorios baratos para que salga de allí cocaína, con destino a países solicitantes: los nuestros!
Pero quienes son esos, gangrena de un país y más allá de las fronteras. Si empezamos por la parte baja de la cadena, son unos habitantes de comunidades, interesados por el beneficio inmediato de algunos sacrificios de árboles, beneficio que se gasta la mayoría de las veces en alcohol. El que tiene una motosierra gana 70 bolivianos por día, su ayudante 40 bs y la cocinera 10. La conversión en euro es muy sencilla ya que se divide por 10. Para darles una idea del poder adquisitivo, un pollo cuesta 40 bolivianos y una botella de cerveza (650 ml) cuesta 8.50 bolivianos.
Esos humildes protagonistas no están por lo menos ineficaces. El afán de lucro, aunque bajo, hace que es bajo las cuchillas de sus motosierras que caen los árboles. Como convencerlos que la noción lujosa de conservación de los recursos naturales, la preservación de los jaguares, las tortugas, y los árboles, es una riqueza para su futuro. Y cuando preguntas, te contestan con una lógica cierta: “Es muy bonito hacer reservas naturales, pero ningún trabajo se crea y las comunidades que viven allí, como hacen para ganar un poco de dinero para pagar los productos exteriores (gasolina, herramientas…) tanto como la escuela de los hijos….” Y es por eso mismo que una empresa petrolífera esta a punto de abrir sus puertas en el seno del Madidi, con el apoyo de la población que busca trabajo desesperadamente. Eso parece totalmente surrealista pero así es…Les proponen un sueldo de más o menos 300 euros por mes (muy atractivo!). Este proyecto es administrado en alto lugar por el muy derechista prefecto de
Para volver a nuestro pulmón, la alternativa posible a esa falta de empleos debida a la creación del parque, aparece el bonito, el grande concepto de ecoturismo. De esa idea, varias decenas de agencias han florecido en el pueblo de Rurrenabaque. El único análisis que se puede hacer, es que es una cesta de pasta, que para mínimo 30 US$ por día, vas a molestar las anacondas sin fuerzas para cargártelos en los hombros, pescar pirañas o caimanes, botando tu basura en la naturaleza…Y de esa industria, son centenares de turistas que pasan por semana.
Una suerte para nosotros, el organismo en el cual estábamos tenía el merito de respetar las cláusulas básicas de la conservación: limitar el numero de personas por grupo, gestionar los desechos, prohibir la pesca en los lagos durante el periodo de reproducción y de puesta. Pero el detalle que me gustaría sobrellevar es que esos organismos que quieren hacer protección del medio ambiente y ganan bastante dinero (hasta 60 US$/día/persona) no pagan mejor sueldo a sus empleados, a pesar del aislamiento. Y esos llegan a la conclusión que es mas interesante cortar árboles o extraer oro que de trabajar para el turismo. Porque es en ese punto que el turismo puede hacer conservación, ejerciendo una presión en los salarios (y pueden hacerlo) y así, volviendo mucho más interesante el hecho de trabajar para el turismo que para agencias petrolíferas, cortar arbolas u otro tipos de tráficos…
Una estancia acortada.
Nuestra llegada en medio de la selva nos anunciaba una estancia embriagadora, mezclada con un sentimiento de aislamiento total, conectados con la civilización con una única radio defectuosa y un bote con motor ; y el contacto intimo con esta Amazonía, la de los sueños infantiles, hormigueante de vidas de todos tamaños, de todas formas. Hay que imaginarse en un zoológico con colonias de monos, de pájaros, insectos deambulando entre esos árboles gigantescos, pero con la diferencia que el bicho extraño eres TU! Son todos esos ruidos, esos gritos, todas esas miradas insistentes de mil de ojos que se plantean cuestiones sobre esos monos raros que somos, siempre vestidos de ropa sportwear ridícula, apestando a repelente a cientos de metros alrededor y moviéndose sin objetivo en fila en las sendas. Quizá nos dieron el apodo de monos-hormiga! El trabajo se anunciaba bien, el motor diesel del taller de carpintería siguiendo fuera de servicio, empezamos con una gran limpieza. Para la huerta, nada, no hay chaco o quizás un hipotético del otro lado del lago…Ayudamos en cocina, intendencia y no de las más malas, porque los primeros días se fue la coordinadora, la cocinera Y la ayudante de cocina ! Pero bueno, todo eso en un buen ambiente, nos llevamos muy bien con los trabajadores, los guías, traductoras… Pero cambió del todo cuando llegó Rosamaria en Serere desde
Deplorable conclusión. Podríamos pensar que la llegada de voluntarios, organizada desde ya dos meses, que vienen a desarrollar sectores y dar de su tiempo y de sus conocimientos (aunque todavía no son tantos), debería provocar en el huésped si no es alegría, por lo menos un poco de simpatía! Su profunda falta de respeto fue que se le caímos de las manos. Ella que pensaba seguramente que aprovechábamos de elle, ha perdido más viéndonos salir: no habrá huerta, tampoco muebles, ni traducciones, sabiendo que lo que le costábamos puede resumirse en dos platos más! Que buen negocio! Su actitud sigue siendo un enigma. Es solamente lunática con un lado misántropo, tendrá algunos secretos que quiere ocultar…. Eso es el análisis por lo menos pesimista que pudimos hacer después de casi un mes en esa región. Ese bosque tan vivo y con tanta riqueza es muy frágil frente a los intereses de los hombres. Y es con un doloroso pellizco al corazón que nos fuimos de allí, pensando que lo que vimos de esa belleza salvaje, de esa reserva de biodiversidad va a desaparecer inexorablemente y eso, dentro de poco tiempo. Actualmente, la selva amazónica primitiva casi ya no existe, con excepción lugares casi inaccesibles como en Ecuador, a la frontera entre Perú y Brasil y en donde estuvimos.
Sus reacciones, comentarios o ideas son los bienvenidos en ese blog para quizás poder encontrar una solución a la muerte prematura del pulmón de la tierra. Gracias por habernos leído y esperemos poder traducir más artículos en el futuro.
Le Pérou rime pour nous avec la rencontre avec les zouzous. La dernière fois que l'on s'était croisé, c'était il y a cinq mois de cela, heureuse surprise: ils rentraient tout juste d'un long voyage en Afrique et passaient juste quelques jours par chez nous, la Haute, avant de repartir pour l'Amérique Latine. C'était le soir de mes 25 ans et c'est dans la joie de cette fête, que l'on c'est donné rendez-vous...
Les deux zigs en questions c'est bien sûr Mimile et Charles, et c'est au détour de la ville de Huaraz que l'on a fini par se retrouver. Eux venaient du nord, Mexico, Guatemala, Honduras et Pérou et nous deux du Sud, Chile, Bolivia et Pérou. C'est donc au pied de ces montagnes folles que compose la cordillière blanche que l'on a eu le plaisir de se serrer dans les bras, à l'autre bout du monde!!!
Ce soir là, folle coincidence, c'est les 24 ans de Mimile que l'on a fêté, avec force bière et accompagné, excusez du peu, d'une fondue suisse!!!
Histoire de digérer un peu, on s'est planifié une petite balade dans ces fabuleuses montagnes, direction la laguna de Churup à environ 4500m, genre petite promenade du dimanche en famille. Avec trois bricoles à grignoter, les tentes et pleins de couvertures, nous voilà parti affronter ces sentiers manquant cruellement d'air.
Le Lac de Churup.

Sourirs forcés? Non, la bouche pleine de feuilles de cocas, pour ne pas perdre courage.






Bon aller, faut le mériter ce lac !

Le froid est au rendez vous.


Abrupt tout de même.

Churup, churup.


Le Canyon de Colca.
Contents de nos efforts pour atteindre ce fameux lac et dûment récompensé par la beauté du lieu, nous voilà repartit pour une autre ballade à un jour et une nuit de bus, passant par Arequipa, vers la ville de Chivay, petit bled au bord du plus profond canyon du monde.

Arequipa, le 21 juin 2007, premier jour de l'HIVER, soleil couchant sur les premières notes de la fête de la musique.

Le chat de gouttière de l'auberge, gavé aux têtes de poules, gras et gros, réveillant tous le monde lorsqu'il lui prenait l'envie de se ballader sur les toits en taule au beau milieu de la nuit.

Premier jour dans la region de Colca, l'homme sculpteur de montagne.





Rencontre avec les anciens des lieux, des pré-incas, bon pied, bon oeil...


Deuxième et troisième jour, descente au fond du canyon, ou descente aux enfers, surtout avec nos sacs chargés de pierres, histoire de ne pas perdre l'entrainement...


Arriver en bas, c'est comme se trouver dans les entrailles de notre chère Terre. On traverses des zones faites d'orgues basaltiques, de pur sable, de cristaux de souffre et finir au fond avec une rivière qui serpente entre des blocs de pierre énormes et si étranges par leurs couleurs.

Petite session de pèche, histoire de se mettre quelque chose sous la dent. Ici le maître...

... et là l'élève, mis à nu.
Il est important de dire que ce type de rivière est bien sûr dépourvu de vie aquatique...





Et l'arrivée, parqu'il en faut une, la langue dans les chaussettes.
Choquequiraw.

L'auberge de Cusco, une ancienne maison coloniale qui nous offre un superbe parquet, patio et construction de pierre.

Dans le village de Cachora, point de départ de l'expédition de 5 jours, pendant que les mules se préparent.





C'est encore plat pour l'instant...




Presque arrivés au but !!! Après 1000 mètres de dénivelé de descente et 1000 mètres de dénivelé de montée, les journées sont longues et épuisantes mais une merveille nous attend !

Les terrasses agricoles.








Des pierres qui nous content leurs histoires...


La nuit arrive mais nous restons discrètement sur le site pour rencontrer les pierres de nuit. Racontent-elles d'autres histoires ?

C'est un endroit à ne pas manquer. Bien sûr il faut pas mal de volonté pour accéder à ces ruines (2 jours de marche aller, deux jours retour) mais, pour cette même raison, elles valent certainement plus le coup d'oeil que le Machu Pichu que nous avons refusé de faire.
Nous sommes actuellement en route pour la jungle bolivienne, de nouveau, pour deux mois à planter des petits arbres dans la Reserve de Serere.
On vous embrasse tous bien fort, et attendons de vos nouvelles.
Un petit message à tous !
Nous vous invitons à vous inscrire à la Newsletter du blog afin que vous puissiez recevoir un mail dès qu'un nouvel article est publié. Et oui, comme vous avez pu le constater, ces dernier temps, nous n'avons pas été très scrupuleux pour les articles puisque le dernier article date d'un mois. Bref, la connexion internet en Bolivie n'est pas très efficace, nous repoussions à chaque fois. Donc tout en bas de la colonne de droite, "inscription à la newsletter" tu cliqueras, un mail de confirmation tu recevras et celui-ci tu valideras.
Un nouvel article est pret "UN bon bol d'air en Amazonie, et Attention les yeux. Egalement, Album photos du salar (colonne de gauche) et nouvelles photos promises sur l'article "Viva Bolivia".
Ah !!! Une autre info ! On a eu quelques messages qui soupçonnent que Claire est l'écrivaine du blog et Vincent le photographe. Or, tous les travaux sont fait en commun, nous ecrivons ensemble les textes et prenons des photos quand on en a l'envie.
Gros bisoux a vous tous !!!

Le désir de rencontrer la jungle nous a poussé plus loin que l’on pouvait l’imaginer. Cette destination mythique que représente l’Amazonie ne peut être atteinte qu’en écoutant son coeur. Peut-être revenir à cet état instinctif qui lui seul est apte à te guider. Un univers uni de vert, un concentré de nature, un monde dans un monde.
Quand nous sommes partis de
Notre vieux bus a fini par s’ébranler avec quelques temps de retard. Tout s’est bien passé, juste quelques ralentissements laissant le temps aux échoppes de bords de route de nous vendre à la sauvette leur maïs, leur poulet frit ou multiples sodas.

Une fois passée cette barricade, et le ventre rassasié, nous entamons notre descente vers le désert vert, qui durera les 18 heures de voyage. Le plus impressionant fut la première heure, où nous avons fait un dénivelé de plus de 3 000 mètres; je le rappelle : non à ski mais en bus. Une descente vertigineuse, sinueuse, à flan de montagne , avec en bas, une petite rivière, qui s’avèrera plutôt grande à notre arrivée au fond. C’est dans ces moments que subsiste une seule chose en vous : la confiance aveugle en la mécanique, notamment pour ces deux paires de freins, solicités non-stop, mais pour lesquelles un bus entier espère !




Après une nuit pour le moins difficile, car sur la piste chaotique le sommeil reste léger, nous arrivons enfin à Rurrenabaque, petit patelin perdu au milieu de la forêt, se situant au bord du fleuve Beni.
Ayant repris un peu nos esprits en profitant d’une nuit d’auberge, nous partons en quête d’un petit village, voir d’un endroit à l’orée de la forêt Amazonienne. Un vieil homme aux yeux bleus (pas banal pour le coin), fiché d’une poule sous le bras, nous indique Buen Retiro, de l’autre côté du fleuve. Pasage en barque , puis petit bout de route en moto-taxi, nous y voilà. De là, 1h30 de marche, chargés comme des mules, direction la montagne, où l’on a fini par tomber sur un campement de travailleurs, avec Gilberto pour nous accueillir.
Nous sommes entrés dans l’antre de Don Lucho Alipa, un homme très très imbu de lui-même, exploiteur de bois sans scrupules et politicien corrompu, et peut être un des plus riches hommes de la région. Ces

La conversation avec lui est indubitablement à un seul sens, et il s’offusque, en bon macho qu’il est, qu’une femme puisse parler politique economique. Mais, nous n’avons croisé cet homme que rapidement, trois ou quatre fois, préférant discuter avec son employé Gilberto.
Mais revenons-en à notre découverte !

L’Amazonie, ou plutôt ce que l’on pourrait le plus logiquement du monde qualifier de « Royaume des Insectes », car à peine arrivés dans ce petit coin de paradis, on comprend que c’est Eux les maîtres ici. A chaque instant on découvre une nouvelle merveille de ce Royaume.

Les fourmis, d’abord, de toutes sortes. Des grandes comme une phallange. Nous n’en croisons qu’une seule à la fois et on soupire en espérant ne jamais croiser une fourmillère avec deshabitants de cette taille.

Les célèbres fourmis-feuilles aussi, ou zoologiquement parlant les fournis-parasols : une file indienne de ces petits individus qui portent verticalement un bout de feuille vert fluo cinquante fois plus grand qu’elle.


Nous avons également assisté à une scène de grande importance : une fourmillère effectuant un transfert d’oeufs. Pour une telle opération, il faut déployer le maximum de sécurité. De chaque cotés, une barricade de fourmis en position d’attaque ; certaines montant sur une de leur compatriote afin d’être plus haut et de pouvoir surveiller de plus loin ; d’autres juchées sur leurs pattes arrières, antennes dressées vers l’avant, prêtes à attaquer ; et parfois même, se créé un véritable tunnel qui fortifie le convoi des nourrices affairées transbahutant un petit oeuf blanc chacune. L’observation de l’opération est absolument fascinante. On devrait charger ces fourmis de faire les convoi d’argent, elles le feraient sûrement mieux que les fourgons de

Il y a aussi des fourmis oranges qui butinent comme des papillons.
Mais les papillons, parlons-en ! Où que vous soyez, à chaque fois que vous tournez la tête, vous en apercevez un. Et ils sont tous plus magnifiques les uns que les autres, arborant leurs couleurs chatoyantes : des violets « rêve de nuit », des « couleur soleil », des « rouge désir » ou des « révolution orange ». Il arrive parfois d’en coirser un grand comme une assiette, bleu et noir, qui vole tel une feuille de papier emporté par le vent.



« Il y a des tarentules ici », nous affirme Gilberto, un soir autour de la bougie.
Je le regarde avec de grands yeux effrayés, un peu pour le faire rire de ma crédulité, et surtout par peur soudaine.
« Tu t’es déjà fait piquer toi ? »
- « Une fois. En plein jour. Quand je défrichais ce coin-là », dit-il en désignant le côté gauche de l’abri.
- « Je croyais qu’elles ne sortaient que la nuit ? »
Il me répond par l’affirmative...Et pourtant...il s’est fait piquer en plein jour...
En voyant mes yeux affolés, il continue de son ton toujours calme :
« Oui, mais la piqure se soigne. Avec des feuilles. »
« Ah ! Bonne nouvelle », pensais-je en moi-même. Enfin, deja faut-il savoir quelle plante utiliser, et soigner à temps...
« C’est pour cela qu’il faut bien allumer les lampes de poche la nuit !, renchérit-il. « Ah !! » dis-je , en rien rassurée par ces dernières paroles avant d’aller nous coucher, surtout lorsque l’on sait que ces bestioles grosses comme ma main te sautent dessus ou tombent du rebord des toits.
Sur le coin de notre toit, d’autres araignées nous attendent, moins grosses certes,mais pas plus rassurantes. Elles sont au nombre de six, vertes et blanches sur le dos, de longues pattes de devant aux multiples crochets, et l’on peut voir leur mandibules.
« Elles piquent aussi celles-là, mais seulement si tu leur marche dessus » me rappelais-je les paroles de notre mentor Gilberto.
Bon ! Et bien je recharge bien ma lanpe de poche afin de pouvoir voir où je mets les pieds, et si rien ne me sautera dessus.
Mais il y aussi cette araignée minuscule qui tisse sa toile au milieu des chemins, et dont la toile au contact des yeux, peut rendre aveugle.
Mais, en fin de compte, l’araignée n’est pas ma pire ennemie dans ce bas monde hostile. Je pense à tout ces moustiques ou autres bestioles qui nous tournent autour toute la journée, me laissant la totalité de la surface de la peau boursouflée par les boutons. Tu as beau en écraser un de temps en temps pour l’exemple, il ne pass epas e message aux autres. C’est incessant ! Une véritable nuée se forme dès que l’on s’arrête. La nuit est une véritable torture tant la démangeaison est forte.
Mais cela n’est encore rien face au dégout que peut provoquer une tique. Lors de balades en forêt, on ne se sépare pas de son couvre-chef, en se félicitant d’en avoir acheté un aux larges bords : ils nous permettent de ne pas attraper les tiques dans le cuir chevelu. Enfin, cela n’empèchera pas l’inspection mutuelle des corps afin de retirer les tiques qui ont réussi à s’infiltrer à travers les vêtements et commencé à sucer notre sang.


A travers ces lignes, vous constaterez donc que le terme de « Royaume des Insectes » n’est que peu dire. Et encore, je n’ai pas parlé des phasmes géants, scarabés bousiers, sauterelles, termites, chenilles et ces millers d’espèces d’insectes différents.







Tout cela pour vous dire que la forêt n’est pas un endroit où l’Homme est à son aise : il ne peut maîtriser cette densité qui l’entoure, sauf à coups de tronçonmneuse afin d’atténuer sa peur en détruisant. Lorsque je dis l’Homme, je crois que je parle plutôt de cet homme occidental que nous sommes, car Gilberto est la preuve vivante de l’existence d’hommes des bois. Le silence est sa parole. Par des phrases très courtes, il répondra. Et ce silence prend forme dans ses pas, ou lorsque même ses coups de machettes semblent imperceptibles à notre ouïe habituée aux décibels automobiles. Il impose le respect, Gilberto, et la contemplation silencieuse, mais je ne peux m’empêcher de lui poser les mille squestions qui me viennent à l’esprit. Le plus souvent, il rit de la naïveté de ces questions. Nous partageons nos dîners et c’est un vrai plaisir que de passer ces instants emplis de mystères.
Un petit thé de feuilles de coca, histoire de garder la forme en toutes circonstances.






Pour deux voyageurs bien peu équipés pour les grands froids, une nuit d'enfer s'annonçait dans le train de Calama, au nord du Chili, jusqu´à Uyuni, en Bolivie. Seulement 600 kilomètres séparent les deux villes, mais les trains d'altitude vont à leur rythme, les moteurs eux-mêmes ont du mal à respirer. On s'habille de tous les vêtements que contient le sac à dos car, d'après

On finit quand même par s'endormir, alors que le train est arrêté depuis des heures à seulement une trentaine de kilomètre de notre départ : charge-t-il le cuivre de la mine toute proche ? Il ne repartira qu'au petit jour et c'est tant mieux car le froid n?en sera que moins grand sur les hauteurs (5000 mètres). La frontière est là à midi, coup de tampon chilien en signe de sortie et coup de tampon bolivien pour l?entrée.

Nous voilà en Bolivie, un pays riche en couleurs, en folklore, en sourires, et surtout un pays en plein renouveau politique : nouvelle Constitution sous le regard quechua d?Evo Morales.
Mais les douaniers tardent à venir vérifier les wagons, nous voilà sur les rails pendant 5 heures d'affilée. Mais c'est ici que tout commence. Les langues se délient et les conversations s?enchaînent entre boliviens, chiliens et touristes : un couple de suisse de Lausanne, une anglaise et un anglais, une colombienne, un américain de Chicago, une russe. Une belle équipée qui se met à chanter de bonheur lorsque repart le train, une guitare apparaît et le mélodica de Vincent, et plusieurs voix déraillées par la fatigue s?aventurent à chanter les refrains connus et reconnus.





