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Samedi 14 avril 2007

 

 

 

Une semaine de pluies, voilà ce qu’il y aurait à raconter. Une semaine de pluies diluviennes, de vents à 70 km/h, qui sifflent entre les branches et qui font vibrer les vitres à chaque rafale. Brrrrrr....de quoi vous donner des frissons dans le dos.

 

 

 

 

Heureusement, une petite maison nous a été pretée et c’est, ma foi, fort agréable : en voyant toute cette pluie, on s’imagine mal dans la tente... Depuis la terrasse,  un petit lac nous apaise l’esprit de ses teintes changeantes, et le Pacifique toujours aussi grand et se mêlant au gris du ciel.

 

 

 

 

Mais le travail continue et on ne se laisse pas abattre par des petites gouttes de pluies (bon, il y en a beaucoup je vous l’accorde, mais bien équipé, rien ne vous atteint !). Chaque matin, il faut couper un peu d’avoine ou de bons trèfles pour les chèvres. Elles se régalent et se battent parfois un peu avec le grand mâle qui en profite pour..... accomplir sa tâche de mâle...

 

 

Puis Vincent part de son côté rejoindre el Chechu pour la construction de la future maison de Mattias, et Claire part dans les serres pour transplanter des plantules de salades. Miam ! Se sont, en gros, les deux seules activités à l’abri , à part quelques sessions boulangères, ou de cueillettes de petits fruits pour faire de la bonne confiture,

 

 

 

ou couper du bois, histoire de la faire cuire et de nous rechauffer un peu...

Par vincent et claire - Publié dans : chileymas
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Jeudi 5 avril 2007

 

Pour fêter notre départ del Valle del Rio Maichin, Hubert le cochon a eu son compte. Nous l’avons accompagné dans son dernier voyage, qui s’est résumé à aller de son petit refuge au barbecue et du barbecue à notre estomac. Oui, Hubert le cochon n’est plus et ce dernier voyage fut un régal, et bien arrosé de vin. Cette petite bête rose sur pattes nous a quand même permis de faire la fête pendant deux jours (à près de huit kilos de viande, et comme le dit le vieux dicton français « dans le cochon, tout est bon » de la tête aux pieds). Cochon à la vinaigrette, cochon au four ou cochon « al disco », spécialité chilienne où l’on peut voir notre ami Hubert danser sur une petite table ronde en fer placée au dessus des braises. Vive la disco chilienne !!

 

 

            Ajoutons tout de même à cette liesse, un peu de mélancolie : finies les visites biquotidiennes dans son enclos, les bras chargés de victuailles qu’il aimait tant (pommes, avoine, feuilles de chou ou épluchures de courgettes…), et qu’il accueillait de son « groin groin » de plaisir. Hubert ! Tu nous manqueras…un peu… mais pas tes voisines les poules, que tu as quand même sacrément emmerdées.

 

 

            Une dernière fois, nous avons pris le bus local, à 7h30, comme d’habitude, mais cette fois, notre maison sur le dos, et une bonne gueule de bois après notre festin de deux jours. Une dernière fois, nous admirons les montagnes qui nous entourent, les eaux limpides du Rio qui courent sur les galets de granit, les falaises d’orgues basaltiques, ainsi que les visages des mapuches de Reigolil parfois racés d’un peu de teintes allemandes, yeux bleus ou cheveux roux. Une dernière fois, saluer le chauffeur du bus et ses composteurs de tickets, et notre hôte, du bout du chapeau. Ciao Fredi ! Y que te vaya muy bien !!!

 

 

            Notre voyage se poursuit, cap toujours plus au sud, en direction de Puerto Montt, où nous attend la prochaine ferme. Sur la route, escale dans la ville de Valdivia, à la jonction de deux fleuves, qui se jettent vingt kilomètres plus loin dans l’immense Pacifique. L’automne pointe déjà le bout de son nez, les peupliers se teintent gentiment de jaune et une lumière chaleureuse, digne de cette saison, remplie les rues. Il fait encore chaud et nous déambulons le long des quais, flânant et riant devant les lions de mer et les otaries qui se chamaillent pour quelques queues de poissons que les vendeurs à la criée leur jettent.

 

 

 

AVIS A TOUS : L’Album photo du Blog est enfin remis en marche, mais que depuis Valdivia. En espérant que ça dure …. Mais pas de souci, les récits continueront tout autant !!! On y a pris goût, et on espère que vous aussi !!! BISES

 

Par vincent et claire - Publié dans : chileymas
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Lundi 2 avril 2007

Agréable rencontre avec Christophe, personne bouillonnante d’idées, d’initiatives, participant entre autres au programme de l’ONF au Chili à travers PROMACIN de reforestation et de sensibilisation de la population locale Mapuche, passionné par les plantes médicinales, avec trois pieds : un en France, un au Chili et un en Argentine. Son but en Amérique Latine : créer au sein de certaines écoles des jardins horticoles et médicinaux pour perpétuer le lien traditionnel à la terre. En parallèle et pour financer de manière autonome ces projets, il développe dans la vallée dans laquelle nous nous trouvions, encore vierge de tourisme, un tour sur des préceptes de tourisme éthique, avec Fredi (notre hôte) pour guide, durant les cabalgatas à cheval, entre le volcan et Flor del Valle.

 

Nous avons donc participé à un petit bout de ce tour test, accompagné d’amis de ses amis, tous français. Une journée à cheval en partant de Puente Maite Centro, en passant par les forets d’araucarias, le lac Huerquehue, le long de murs de mures mûres, des essaims de guêpes, jusqu´à Puente Basas, chez Carlos et Patricia, dans leur maison de paille.

 

Ces deux argentins, exilés au Chili, hôtes d’un petit coin de paradis, fort appréciable après cette journée de cheval qui nous a quelques peu… comment dire… arquée les jambes. La démarche de John Wayne n’est donc pas un effet de cinéma, mais simplement une modification physique du corps suite a une assise prolongée sur une selle. Nous avons passe la soirée dans l’ambiance chaleureuse d’une maison en intérieur bois et extérieur paille.

 

En bref, un superbe moment avec de superbes personnes, pour ne pas les citer : Denis, Marie, Vivi, Julie, Maria Laura, sans oublier notre cher Christophe que nous retrouveront très certainement dans le nord de l’Argentine en septembre, auxquelles on fait de gros bisous…

 

 

 

Par vincent et claire - Publié dans : chileymas
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Samedi 24 mars 2007

Nous sommes parti avec Frédi un peu plus en amont dans la vallée des Alpes, pour l´aider à organiser un tour touristique d´essai en partenariat avec un Christophe, un envoyé de l´ONF au Chili. L´objectif est de filer un coup de main aux préparatifs.

Nous avons donc passé deux jours chez Dehlia  et son fils Armin Cruces, une famille Mapuche d´éleveurs de brebis.

Les Mapuches sont un peuple indigenes du Sud du Chili et de l Argentine qui ont beaucoup lutté contre les incas et mayas venus du Nord, puis pendant la Conquista Española contre les gentils espagnols aux armes á feu. Ils ont réussi á garder des terres mais leur culture, comme toutes les cultures peu connues, tend á disparaitre. 

Nous avons tué une de leurs betes, un agneau de six mois, et participé au dépecage de celui ci, tout cela dans le but d´apprendre et toujours d´apprendre à vivre à la campagne. Vincent y a participé activement pendant que j´étais assignée à la tache de cuisinière pour préparer les ¨sopaipillas¨, petites galettes de pain frit  (avis aux amateurs de produits dietetiques) et des tortillas, pain cuit dans les cendres encore chaudes du feu de la veille. Nous avons tué quelques poules et préparé la Cazuela, petite soupette tipique du coin.

Le temps que nous avons passé avec cette famille était très réconfortant. Nous nous sentions comme à la maison. Delhia est une femme incroyable de 62 ans, veuve depuis deux ans, mais qui a su élever ses onze enfants (oui, oui, onze!) et prendre soin des betes. Encore un moment riche d´humanité et d´hospitalité, duquel nous rentrons le coeur gonflé, ainsi que l´estomac (on a mangé durant 4 repas, tous les abas de l´agneau , et ca fait beaucoup).

Encore des souvenirs pleins la tete, avec un petit bémol : il commence á faire sacrément froid et les réveils sont de plus en plus durs avec les gelées matinales, surtout lorsque l´on dort sous un abri de fortune.

Bisous et vive les infusions de tilleul au miel.

Par vincent et claire - Publié dans : chileymas
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Mardi 20 mars 2007

Après avoir traversé un bout de l'Europe, l'océan Atlantique, le continent latino-américain par son travers, nous voici de nouveau dans "Les Alpes". Certes, la terre est ronde, mais on l'imaginait tout de même un peu plus grande! Seuls indices pouvant certifier que ce ne sont pas les mêmes: pas de traces de reblochon ou de quelques autres fromages dignes de ce nom, ni de yodels , ni de cors des Alpes. Il y a bien une sorte de produit laitier appelé « Quesillo » qui prend la texture du pneu au bout de deux jours ! Les locaux de cette vallée n’ont pas du tout la physionomie de Heidi, mais sont plutôt avec des tresses de cheveux noirs, répondant au nom de Mapuche ( peuple indigène du centre du Chili).

 

Voila deux semaines que nous errons le long du Rio Maichin entre Curarrehue et Reigolil, avec l’Argentine juste derrière la montagne, sur les terres de la famille Kucera Kraus, descendants suisses allemands, deux frère et soeur, Frédi et Edelweiss...

 

C’est une ferme qui se consacre essentiellement á l’élevage (en petite quantité, á leur mesure) et qui est de plus en plus investit dans la reforestation de la région. C’est l’unique parcelle de la vallée qui a encore des chênes de plus de 400 ans.

 

Il y a des moutonnes, des poulettes scandalisées, un coq réveil, des boeufs voleurs d’oeufs, un cheval tête de mule, une boite á meuh et son petit meuh,... Un joli petit monde. Une ferme organique qui travaille dans les règles de l art depuis plusieures générations, des bêtes bien traitées et bien nourries qui travaillent sans rechigner.

 

De l’eau de source bien fraîche, un fourneau á bois pour chauffer l’eau du maté, des soirées Western de James Stewart a Clint Eastwood tout en cousant des peaux de moutons ou filant la laine á la lueur de l’unique ampoule.

 

Au troisième chant du coq, les petits francais quittent leur matelas de foin, ingurgitent un café et un morceau de pain maison, s’arment de lassos et de sceaux et filent a la traite de la vache. Et on remarque tout de suite que notre petit suisse francophone est très doué pour converser avec un son pote le veau, tout en douceur. Après quelques premiers essais fastidieux, notre pot á lait se rempli et nous maitrisons la confection du quesillo, avant de s’atteller á pétrir le pain.

 

On s’occupe du compost, de la lombriculture, Frédi nous enseigne bien des astuces pour faire une belle terre bien riche en vue de faire pousser la pâture favorite des herbivores de ce lieu. Edelweiss, quant á elle, nous explique á force de « la huevada » (expression courante au Chili pour désigner « un truc »), comment élever les bêtes, s’occuper de leurs petits. Puis on attèle les boeufs pour aller chercher du bois dans la forêt, lentement mais sûrement.

 

Ce petit séjour nous a enfin fait realiser ce qu’est une vie de chien. Fini le Médor á sa memère, gavé de Frolic, ici les chiens travaillent, ramènent les bêtes et le bois pour faire le feu. Et gare aux amateurs de virilité canine, ici tous les chiens sont castrés maison, même celui du voisin qui venait rôder un peu trop prêt. Tout ca á vif ! Millitants de la cause de Brigitte Bardot, s’abstenir !!!

 

« N’est pas cavalier qui veut ! » nous a fait comprendre Satanas, le cheval de Frédi, après nous avoir fait vivre de bonnes émotions pendant un dimanche qui se voulait paisible, mais qui ne le fut pas tant ! Première règle : bien se cramponner á la selle, surtout au triple galop. Au final tout va bien, on descend de selle un peu tremblants, mais vivants !

 

Nous restons encore une bonne semaine dans ce lieu oú nous sommes bien loin de nous ennuyer, des tonnes de choses restent á faire et il y a pleins de beaux projets sur place.

Bisoux á tous et en particulier á ceux qui partent tout bientôt pour une partie du monde (Ferdi pour Nouvelle Zelande, Marion Benin, Yo Inde...), ceux qui sont deja en route (Charles et Mimile au Mexique, Claire et Ju au Bresil...) et ceux qui y sont revenus derniérement (Agnes et Clemence Rocher du Mexique...) et ceux qui ont l'envie (tous on espére !!!!!!!!!!)

Par vincent et claire - Publié dans : chileymas
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Vendredi 9 mars 2007

 

PREFACE

 

C'est la fête du village, à Pucon. Il y a plus de touristes que de locaux, ça ne nous intéresse pas et nous retournons a notre petit camping. Comme vous pouvez l'imaginer, rien de bien fabuleux par ici, si ce n'est .... un lac et un volcan comme le dessinerait un enfant.

 

Petit visite à l'office du tourisme et nous voila parti pour un grand tour dans l'enceinte du parc national du volcan Villarica, nos gros sacs emplis de nourriture pour la semaine à venir.

 

 

CHAPITRE I

 

Nous arrivons à l'entrée du parc national en stop (pas de bus). Au premier carrefour, on a bien eu peur que les chiliens ne daignent pas s'arrêter, même pas pour les petites grand-mères, une fleur à la main. La deuxième voiture qui nous prend est on-ne-peut-plus carambolesque. C'est une famille de chiliens vivant en Hollande et en visite dans la région des Lacs. Nous sommes invités à leur petite pause empanadas y vino, avec un panorama spectaculaire. Un chilien, même émigré, n'oublie jamais le "once".

 

Equipé d'un 4x4, cette fois-ci indispensable vu l'état du chemin et le dénivelé. Presque une heure de route pour arriver à mi-hauteur du volcan, sur son flanc. Il est là, immense ; et le vent aussi, glacial. Un abrazo à nos compagnons de route : " Buen Viaje !!!!" crient-ils face aux bourrasques de vent.

 

C'est parti ! Nous n'avons pas tellement de temps devant nous : il doit être 4 ou 5 heure de l'après-midi et nous voila enfin sur le sentier qui contourne le volcan. Pour le restant de la journée, il s'est couvert d'un manteau de nuage. On ne le verra plus avant le lendemain. Nous installons la tente au détour de d'une coulée  de lave et au coin d'un petit bosquet.

 

Ces coulées de lave... Si impressionnantes ! Non pas tellement pour leur ampleur, ni pour leur couleur si sombre, mais plutôt parce qu'on se les imagine couler, rouge de feu, glisser vers le bas...En voyant ces anciennes coulées ou les ravines creusées par des torrents d'eaux violentes, on s'imagine l'éruption volcanique. Brrrrrrrr!! Et ça vous donne un grand frisson dans le dos !

 

J'avoue ne pas être très rassurée dans ce campement de fortune, juste au dessus d'un glacier et entre deux anciennes coulées. Que se passerait-il si une éruption venait à s'enclencher ? Des torrents d'eaux du glacier, fondu en l'espace quelques minutes nous emporteraient bien loin...

 

 

CHAPITRE II

 

Toute la nuit, il pleut. On se tient chaud tant bien que mal entre sacs de couchage, couvertures de laine et de survie et corps grelottants. On craint de devoir rester sur place le lendemain, de crainte qu'une pluie trop forte entraîne des éboulements.

 

Dès les premiers rayons de soleil, nous faisons traîner le moment de sortir de la tente, tant le verdict pourrait compromettre toute notre ballade. Mais il faut sortir! Je m'équipe comme si je sortais dans le grand nord, mais une fois le nez dehors, surprise! Un ciel éclatant étincelle au sommet du volcan.

 

Bien courageuse cette demoiselle! Encore blotti dans mon sac de couchage et pour le moins frigorifié par la nuit passée, a été la pensé d'un loir paresseux au réveil. Bon, s'il fait beau, je prends ma chair de poule à deux mains, deux pantalons, survet, pull, bonnet...prêt pour le petit déj. A la sortie de la tente, je vois ma belle tout aussi emmitouflée que moi, et le volcan plus beau que jamais dans ce soleil matinal, nu comme un ver, avec juste son petit panache de fumerolles sur le dessus. On pli le camps, on se charge de nos fardeaux et on continu notre route au milieu des scories noires et rouges brique. On passe des coulées de laves, des ravines, on pèse une tonne...

 

Jusque là, le chemin était à peu près indiqué (piquets jaunes), et on s'est rendu compte, et ce n'est que le début, du côté un peu hasardeux de la promenade.

 

Cette ravine était si profonde, les eaux du glacier l'avaient érodé au point que le chemin fût impossible, alors petit détour à rallonge, mais profitable puisqu'on est tombé sur une petite source au fond du lit, de quoi faire quelques provisions. Le chemin retrouvé de l'autre côté, la route se poursuit...

 

Mais plus aucun piquet jaune ne signalise le chemin. Nous sommes sur un chemin, certes, mais plus rien n'indique que c'est le bon. Alors on se met à penser à des milliers de raisons: c'est juste un détour mais ça va retourner sur le sentier jaune ou s'est sûrement l'Office du Tourisme de Pucon qui fait croire que ce bout de chemin est dégagé par la CONAF (Office des Forêts) mais en fait le sentier appartient à un privé...Puis on se met à penser à des milliers de solutions : si on regarde bien la carte, on ne peut pas se tromper et on retombera sur le sentier, ou, dès que l'on arrive à une autre ravine, on en profite pour la longer jusqu'à trouver un piquet jaune, ou un autre chemin. Mais on rien trouver de la journée. Au début, j'ai beaucoup douté, puis j'étais confiante, persuadée qu'on allait retomber sur nos pattes. Je suis mon homme qui me donne tout le courage dont j'ai besoin pour affronter les douleurs lancinantes que provoque le sac à dos.

 

Malgré la boussole, la carte, et quelques repères géographiques, rien à faire. Soit tout ce que j'ai cité précédemment est merdique ou faux, soit c'est celui qui s'en sert (moi pour l'occasion) qui déconne totalement, à preuve du contraire. Moralité de la journée : Ne pas trop insister dans son erreur ! Retour sur nos pas avec le moral dans les chaussettes jusqu'à un petit coin pénard dans la forêt d'araucarias, avec une bonne soupette, un bon feu et un bon moment de repos. La forêt sauvage nous ramène au calme. Des oiseaux font des bruits bizarres, certains aboient comme des caniches, et d'autres ont un rire frénétique dès que l'on dit : " Oh! Si tes plumes se rapportent aux branches piquantes de l'araucarias..."

 

La nuit tombe, le feu s'éteint, les fumantes finissent de fumer, le ciel s'est dégagé suffisamment pour laisser paraître au travers des troncs le sommet du volcan, qui lui, n'en finit pas de fumer. La lune presque pleine s'est levée derrière lui, nous sommes allés nous coucher.

 

 

CHAPITRE III

 

Une nuit encore froide et encore une belle surprise au réveil : au cours du déjeuner, on entend des meuglements se rapprocher. Et nous voici face à un taurillon, plutôt surpris de nous croiser et pas content du tout ! Avec les talents de torero de Vincent, voilà la bête qui s'allonge et qui se met à ruminer en nous surveillant du coin de l'oeil, pendant que nous remontons la tente dans la hâte.

 

" Si jamais il te course, tu pars en courant d'un côté et moi je partirais de l’autre. " mmmmh... Ce n'est pas pour me rassurer. Vivement que l'on quitte le camp et que l'on retrouve enfin notre chemin jaune.

 

On rembobine la fausse route d'hier. Sacré poteau jaune ! Pour ne pas dire Sacré pot aux roses... Et on découvre que si nous avions ouverts nos yeux un peu plus grands, nous aurions vu une grande flèche blanche peinte sur la roche, nous indiquant de remonter dans la coulée. Avant tout ca, nous posons les sacs et direction le dernier point d'eau que nous avions croisé sur notre chemin, munis de tous nos récipients. AHH ce bonheur !!! De l'eau et à foison ! De la fraîche pour boire et de la tiède dans de petites gouilles, de quoi se désaltérer et se laver, ce n’est pas du luxe ! Il faut croire que notre nudité attire les foules; dès que nous sommes nus les gens rappliquent. Peut être un hasard, en tous cas, c'est flatteur. Puis nous continuons notre route, ralentis par les scories et un sacré poids de réserve d'eau. C'est lunaire, ou martien. Et juste au dessus, c'est de la forêt et ses petits laguinos.

 

La forêt est encore devant nous pour plusieurs heures de calvaire de portage de sacs. Mais d'émerveillement au milieu de ces arbres gigantesques (araucarias toujours) où coulent des lichens verts pâles, comme des barbes le long des branches et des troncs. Mystique.... Puis arrive le moment de trouver un endroit pour poser le campement. Oups ! Une rivière ! Vincent aurait-il porté ces 5 litres d'eau pour rien ? " Nan mon ptit chéri, tu vois bien que cette eau là a l'air moins bonne ! On a bien fait de porter cette bonne eau toute la journée"

 

Enfin, nous arrivons sur le plateau. Et là...Je ne sais pas comment dire... Il y aurait des photos, je vous aurait montré la beauté de cet endroit. Mais un appareil photo ne pourrait reproduire cette splendeur à 360·. Alors faites fonctionner un peu votre imagination : derrière vous toujours le volcan et le glacier, avec à côté de lui un volcan plus petit couleur rouge sang; la lune ce lève entre ces 2 seins ; et face à vous un coucher de soleil rouge sur les montagnes à perte de vue.

 

 

CHAPITRE IV

 

Cette nuit là, le vent a soufflé très fort. Des bourrasques de montagnes, qui prennent de la vitesse le long de ses flancs. La nuit fut malgré tout des plus reposantes, bienvenue à l'"hôtel de la vallée du feu". Heureusement pour nous, car la journée qui suivit fut harassante. On a marché sur la lune. Un sol de cailloux noirs à perte de vue, une chaleur à repousser tout animal à vivre en ces lieux. Une fois passé une première coulée de lave gigantesques (il faut compter une heure pour en traverser une), une suivante nous attend à la sortie, puis une autre, puis une autre...Nos vêtements sont trempés de sueur, mais une rage soudaine et une furieuse envie d'en finir avec ce lieu d'enfer nous pousse à avancer. On a marché sur la lune et découvert qu'il est inutile d'espérer y implanter de la vie. Notre cher Barjavel serait-il lui aussi passé par ces coulées de lave avant d'écrire son " Colomb de la lune". 

 

Marcher en ces lieux revient à espérer de croiser un endroit plus propice à la vie, c'est à dire là où de l'eau coule, au détour d'une ravine. Cette eau claire et fraîche qui descend du glacier, ou des neiges du sommet, cette eau que l'on boit à grosses gorgées, cette eau où l'on plonge la tête et où on y plongerait le corps tout entier si elle n'était pas si glacée. Cette eau si rafraîchissante qu'elle te donne le courage d'affronter de nouveau les étendues hostiles, mais pourtant si belles.

 

Il y a toujours le maître volcan qui nous domine et nous zigzaguons entre ses rejetons de scories rouges, semblables à de petits volcans. Les heures de marche passe, le soleil suit sa route, et nous gardons espoir de trouver un endroit propice pour la nuit ne serait-ce qu’un arbre ou deux. Passé un col, l’horizon s’ouvre enfin et nous apercevons l’Argentine, avec en face de nous, un volcan semblable au notre, mais deux fois plus haut. Imaginez un cône parfait aussi grand que notre Mont Blanc, là devant vous.

 

 

Le soleil est sur le point de se coucher, et nous arrivons dans un bosquet d’araucarias. Enfin du vert !! Durant toute cette journée, notre volcan nous a fait du souci, des nuages énormes sortaient de son sommet, était-ce une mise en garde ou seulement un hoquet ?

 

 

Tout en préparant une bonne popotte sur un feu bien contrôlé (on va pas faire brûler le Parc National !), voici notre amie la lune qui apparaît voilée derrière ….l’ombre de notre Terre. Oui, nous avons assisté à une éclipse de lune. La chance est avec nous et nous regardons se dévoiler peu à peu cette belle sphère blanche.

 

 

 

 

CHAPITRE V

 

 

La suite de cette marche est un lent retour à la réalité de la vie des hommes. C’est d’abord la rencontre avec une gringuette, alors que je suis en train de me laver dans une rivière (décidemment…) puis les chemins forestiers, puis un 4x4, puis des motards rouges de piquette… Nous passons notre dernière nuit dans un camping, un peu mélancoliques.

 

 

 

 

EPILOGUE

 

 

Le lendemain on sort du parc. On marche encore pas loin de 10 bornes. On est fatigués, on sent la nature (ça se passe de commentaires)…. Une voiture finit par nous prendre en stop, soulagés. On jette nos battons de marche, nos sacs et nous même dans le pick-up. C’est un petit couple de jeunes de Santiago qui partent en vacances e Argentine. Une chance pour nous, le bled où l’on se rend est sur leur route.

 

 

Nous voilà enfin à Currarehue après 6 jours de marche.

 

Par vincent et claire - Publié dans : chileymas
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Mardi 20 février 2007

 

Premier petit voyage : Cajón del Maipo

Le Cajon del Maipo est une vallée encastrée, entourée de montagnes immenses, à 1h30 de Santiago, avec quelques villages au bord d'une route de montagne. Nous commencons par poser notre tente à San José. Après avoir passé le pont del Toyo, on peut suivre le cours de la rivière et calmer les ardeurs du soleil sur notre peau blanchâtre en se baignant dans les multiples gouilles fraîches. Le paysage y est presque hostile : chemin de cailloux au pied de falaises menacantes, petits buissons épineux, et montagnes gigantesques à perte de vue. Nous sommes entré dans la cordillère !

Après un très conséquent "asado" (l'inévitable barbecue chilien), on se paye une pluie battante toute la nuit et toute la journée du lendemain. La tente est solide et n'a pas laissé passé une goutte à l'intérieur. Ouf ! On décide donc de changer de pueblo une fois la pluie cessée.

San Alfonso del Maipo. Lorsque l'on arrive, la nuit est tombée et s'annonce tres fraîche. On décide donc de chercher une cabaña pour se mettre au chaud l'espace d'une nuit. Mais on est vendredi est tout est plein ou reservé (c'est une des destinations populaire préférées des santiaguinos pour le week end). Après plusieurs errements, nous arrivons al Rancho el Chilcal. Dans la nuit nous ne voyons pas du tout quel type de logement ils proposent mais on tente quand même. Le gardien nous dit que tout est plein et de toute facon les pris sont exorbitants. Mais en nous voyant tout meurtris de froid, il nous propose la salle de Tv où il peut installer un matelas. Il n'y a plus vraiment d'histoire d'argent mais une belle rencontre se prépare....Après avoir partagé un thé chaud et quelques victuailles avec eux, nous allons nous coucher pour une nuit de grand froid.

Le lendemain matin, nous partons à la recherche d'un endroit où poser la tente et leur promettons de repasser dans la journée pour prendre le "once". Le "once" est un déjeuner du soir très léger qui anciennement était composé d'aguardiente (alcool a au moins 50º) et de quelques mets. Mais à cette époque il ne fallait pas trop crier sur les toits qu'on allait, en réalité, boire plusieurs coups de trop avec ses amis, on a donc adopté un nom code, le "once" (onze) car aguardiente contient onze lettres...

Trève d'anecdotes, je continue le fil de mon récit.

Nous montons sur un chemin de cailloux, nos maisons sur le dos et pareillement lents à des tortues. C'est une montagne qu'on imagine vite infranchissable mais nous suivons le chemin. J'ai l'impression de me retrouver dans le romans péruviens de Gabriel Garcia Marquez. Je savoure cet instant en me remémorant quelques lignes de littérature, tout en suant toute mon eau sur ces pentes escarpées. Nous savons que nous attend là-haut un paysage époustouflant. Gagné ! On surplombe le village et des dizaines de montagnes aparaissent dans une légère brume de soleil.

 

La tente est montée, les sacs sont cachés dans des arbres. Nous redescendons pour l'invitation au once de ceux qui deviendront des  amis chers. La discussion s'installe et il s'avère que Patricio est un passionné d'arbres fruitiers et veut nous expliquer et nous montrer ces amendiers, noyers, pruniers, pommiers et poiriers qu'il a greffés pour en faire des arbres pesant sous le poids de fruits du délice. Nous sommes rapidement invité à venir loger chez eux le lendemain et de partager une soirée et une journée entière en leur compagnie : Nous avons tellement de choses à nous raconter !!!

Ce petit couple, Gemma y Patricio, sont les gardiens de l'immense site de cabañas, chevaux, accès à la rivière, chemins de promenade... Les patrons ne viennent jamais. Ils sont donc les artistes de ce lieu et ont parfaitement aménagé le terrain. Gemma est un petit bout de femme, avec de grands yeux noirs, qui raconte sans cesse des histoires et rit presque à chaque fin de phrase. Elle a le coeur sur la main et nous a tout de suite ouvert ses portes. Patricio est un petits gars bourru qui n'est pas un adepte de la discussion, mais qui nous a bien vite ouvert son coeur et n'a pas cessé de parler pour nous conter ses expériences en greffes, cultures d'arbres fruitiers, apiculture, la traite des vaches et le ferrage des chevaux.

Apres avoir passé la nuit dans notre montagne, sous un ciel étoilé d'hémisphère sud, nous nous sommes installés chez eux et le bonheur est vite entré dans les coeurs. Nous y sommes repartis hier soir, un pot de miel frais à la main, la tête pleine de nouvelles choses apprises, et le coeur prêt à exploser de joie de faire une si belle rencontre.

De retour à Santiago, nous sommes dans l'attente de repartir pour le sud cette fois, dans la région de Temuco. J'espère ne pas avoir été trop longue dans le récit et je vous embrasse tous bien fort. on oublie pas de penser à vous les ptits loups !!!

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Mardi 20 février 2007

Bon les Ptits Lous,

Plus de photos ni de sons sur ce blog et un suivi d'aventures bien plus passionnant à travers de purs rècits (enfin on va essayer).

Et oui, à notre 5ème jour déjà, on nous a volé le sac contenant tous les appareils. Et ce n'est pas faute d'y faire attention ! C'est dans l'endroit le plus luxueux, à Cachaguas, la maison secondaire ou tertiaire de Trini au bord de mer, que le malheur est arrivé. Ca a fait mal, TRES mal, d'autant plus pour le micro offert à Vincent, qui n'avait pas fété ses 3 semaines.

 

Après quelques larmes, une déposition à la police et beaucoup de questions sur le déroulement du voyage, nous avons repris le sourire et avons decidé de vivre le voyage yeux, oreilles et coeur grands ouverts, d'utiliser un peu plus nos carnets de voyage et de vous conter nos aventures par écrits uniquement. Peut - être perdra-t-on quelques internautes sur notre site, qui n'auront pas le courage de lire jusqu'au bout et préfèreraient voir des images, mais toute l'âme du voyage sera tout de même retranscrise ici.

 

Alors bonne lecture à tous !

 

Par vincent et claire - Publié dans : chileymas
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Mardi 6 février 2007

Nous voila arrivé à Santiago après une nuit fortement houleuse dans l'avion, il y a d'abord l'aéroport puis le reste... l'été, les palmiers et notre amie Trini qui nous acceuille chez elle. Nous sommes au pied des montagnes qui sont hautes tellement hautes, pour la plupart au dessus de 4000m, folie¡¿ et je crois qu'on a pas fini de s'extasier...

 

 

 

Par vincent et claire - Publié dans : chileymas
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Lundi 29 janvier 2007
   


    Un samedi soir pas vraiment comme les autres. On passe une porte et c'est un monde à part qui s'est ouvert à nous. Des bateaux volants, des lampes de distilation, des cartes représentant des mondes étranges, tout ça autour de gens forts sympatiques.
   



                                            
   

   

D'un collectif d'artistes et de leurs créations est né un conte les rassemblant tous: les isles aux brumes habitées par les islaux brumiens, rescapés de l'ancien monde recouvert par des brumes toxiques, à l'exception des quelques rares sommets dans les alpes et du reste de la planète. Je vous invite à aller voir sur leur site ou d'aller les rencontrer, ils sont aux environs d'Annecy:
www.artootem.com

  


     A cette fameuse ambiance s'est rajouté une musique des plus délicieuses, l'ensemble Goussan, musique arménienne traditionnelle qui a fait notre bonheur et c'est peu dire. En voici un petit extrait:





    Tout ceci s'est gentiment fini au bout de la nuit autour d'un bon thé ou d'un bon vin...
Par vincent et claire - Publié dans : chileymas
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