On dit que dans ce désert d'altitude, où ne poussent que des plantes recouvertent d'épines ainsi que des pierres, il y a quelques générations, de cette terre aride poussaient cette herbe vert tendre dont ce baffrent les lamas, grâce au labeur des hommes et de quelques sources de cette eau si importante dont rafolle la vie.
Aujourd'hui l'eau coule toujours, mais les hommes travaillent de moins en moins la terre et le désert reprend sa place, dès les dernières maisons du village. Quelques-uns cultivent tout de même un lopin de terre devant chez eux, mais le savoir semble se perdre et les légumes sont achetés une fois par semaine lorsque le camion de ravitaillement passe par là.
Et nous, nous sommes dans cette école peut être pour essayer de préserver cette graine qu'il y a dans chaque enfant. Pour qu'il puisse rester dans son village sans avoir l'impression d'être tant assisté par l'extérieur. Et être fier d'être membre de sa communauté.
On réhabilte les serres andines, on préparent la terre avec l'engrais local "les cacitas de llamas" qui abondent par endroit. Et des plantations, semis avec les enfants en leur expliquant ce qu'est une plantes, ce qui fait d'elle un être vivant, ce dont elles a besoin pour grandir.
Le soleil se lève sur Alfarcito. Le ciel est bleu, comme toujours, des premiers jusqu'aux derniers rayons. La cour de l'école est encore vide, encore sans vie est elle attend patiemment la petite horde qui va l'aminer.
Seuls ou en petits groupes, les voilà.
Un mois déjà que notre petite vie se déroule gentiment, au rythme du soleil, dans ce village d'une centaine d'habitants. Notre maison à nous, c'est l'école.
On vit notre quotidien avec les enfants, du petit dej qui se resume à un maté d'herbe de la montagne et de pain (bollo) cuit le lundi pour toute la semaine dans un four de terre, jusqu'aux dernières activités avant d'aller se coucher.
Et après ce frugal entremet, les enfants s'alignent devant le drapeau et chantent l'hymne de leur pays : une discipline qui continue de nous époustoufler (sans parler des benedicités de chaque repas). Et enfin rentrent en classe, dispersés par age et niveau entre les 4 instituteurs : Felipe, Soledad, Martha et Graciela.
Pendant ce temps-là, nous nous rendons á l'arrière de l'école : deux serres andines (en adobe) au toit délabré, une petite serre dernièrement réhabilitée (ci dessous), et tout autour un grand débarras. Objectif : tout remettre en ordre et semer avec les enfants sous forme pédagogique et tenter de leur redonner goût à l'agriculture, anciennement pratiquée par leurs grands parents mais perdue par leurs parents.
Le travail est dur mais pas seulement dûs aus innombrables coups de pelles pour baisser le niveau de la serre, mais surtout à cause de ce climat affreusement sec : la peau des mains se craquelle et les plaies ne cicatrisent pas, les ampoules n'existent pas mais c'est le royaume des crevasses. Le soleil tape durement la journée a ces 3500 metres d'altitude, je ne quitte jamais mon chapeau car, sinon la migraine attend au coin du champ. Mais le plus caractéristique est bien ce vent d'ouest (écoutez-le rugir), qui te renvoi tes pelles de sable en plein dans la figure.
Mais nous ne manquons pas d'enthousiame et surtout de force physique après ces quelques steaks de lamas engloutis le week end à la ville de Jujuy.
La terre est sèche ici, très sèche, et composé essentiellement de sable qui se tasse et devient dur comme la pierre dès le premier arrosage, ceci dit remarquable pour faire des briques d'adobe.
Vous vous demandez donc ce qui peut bien pousser par ici ? Et bien...des cactus, "el cardon" entre autres, utilisé comme bois de construction.
...et dont les épines sont utilisées comme aiguilles à tricoter les pulls et couvertures en laine de lamas.
Mais pousse aussi le queñoa, un des seuls arbres par ici, à l'allure biscornue, et á l'ecorce en feuille de papier bronze. Probablement un des arbres à pouvoir vivre à de telles altitudes (jusqu'à plus de 5000m). Une bien belle petite merveille de la nature que l'on peut s'amuser à regarder des heures durant sous les reflets du soleil couchant.
Mais l'on espère que d'autres petites plantes pousseront dans nos champs ! Salades, tomates, petits pois vont-ils s'aventurer à montrer leurs premières feuilles dans cet univers hostile, leurs racines vont-elles pouvoir percer cette terre dure et stérile ? Réponse dans le prochain article. Nous venons tout juste de semer et restons encore sans réponse...
Notre travail s'est tout d'abord résumé à reconstruire les serres, et grâce à l'aide de quelques parents de la communauté et c'est pratiquement chose faite.
Mortier sans ciment, la terre locale est idéale, de quoi sceller fermement les poutres et consolider les montants d'adobe.
De tout ce chantier a été récupéré un tas énorme de pierres, ainsi que pas mal de briques d'adobe qui nous a permis de construire le petit muret qui va permettre de limiter, on l'espère la boulimie des ânes sauvages.
On ne peut pas dire que les rues ou plutôt la rue d'Alfarcito soit des plus animées et encore moins après le coucher du soleil. Heureusement, dans la petite école, toutes les occasions sont bonnes pour festoyer. Un morceau de Cumbia en boucle ou encore de chacarera et tout le monde danse, les enseignants, les petiots, les cuisinières...
Et une fois par an, vers la fin septembre, à lieu l'élection de la reine. Une journée de jeux, de goûters, de jeux...
Et arrive enfin le moment tant attendu par les candidates à l'élection de la reine,
et c'est le ti bout de chou de Danisa, l'heureuse élue.
Et la fête est repartie de plus belle.
Deux enseignantes, Marta et Sole, en habit traditionnel nous interprétant un tube du coin...
...et Pablito, son morceau de Cumbia favorit, accompagné de ses danseurs.
Une heureuse rencontre avec tout ce petit monde, fait de rires où l'on apprend tellement plus que ce que l'on arrive à transmettre.
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Et encore même pas bravo. Toute félicitation est à mon sens vaine en regard de ce moment que vous inscrivez dans votre histoire.
Je ne peux que regretter l'emphase un peu trop naïve de votre prose. Souvenez-vous que nous ne sommes pas avec vous et que toute rédaction nécessite une dose de distance.
Franchement ces petites remarques de style on n'en a ici rien à faire.
Alors juste, simplement : je suis touché.
Touché par votre grâce.
Avec toute l'affection de mon amitié,
Fred-Derrick, en direct de Germany.
La bise.
Salut à tous deux,
Contente d'avoir de vos nouvelles, et quelle aventure !
Heu question: vous êtes dans quel pays en fait ?
Que j'aille vous voir sur Google Earth...
C'est génial de voir les petites pousses, dans tous les sens du terme.
Bises
Flo
(Au fait, je suis toujours intéressée par mon nouveau job, si !)
che, je viens de parcourir votre blog et vos photos, ce que je n'avais pas fait depuis très longtemps et vous me faites trop rêver. C'est dingue que vous y soyez encore alors que l'Amérique du Sud me semble déjà tellement loin. Et dire qu'il vous reste encore quelques mois!
Si je me suis vite refait à ma petite vie française, il suffit que je tombe sur quelques photos pour que la flamme se rallume et que je me mette à rêver de nouveaux voyages.
Vous avez l'air de bien vous éclater dans ce petit village argentin (sauf erreur de ma part) qui me rappelle trop Amaicha del Valle (où j'avais fêté la "fiesta de la pachamama" avec Charles)!!
Profitez-en!
Eclatez-vous bien et à une prochaine
Besos
Jay
Coucou mon neveu,
Bonjour Claire,
J'ai enfin l'ADSL et peux voir les photos et articles sans attendre des heures! J'ai quand même suivi votre périple. Je trouve votre parcours magnifique et exemplaire. Et je sais que toute cette expérience est en train de s'inscrire de façon indélébile en vous et que ça change tout pour le reste de la vie. Je me réjouis déjà de pouvoir partager le récit de votre expérience de vive-voix. Vous aurez sans doute plein de choses à m'apprendre. Je vous embrasse bien affectueusement et profitez jusqu'au bout ! Claire, Denis et Juliette
ce que vous faites est super
bisous
carole